Article sur Chèque Santé® dans “Aujourd’hui en France” le Parisien

Article sur Chèque Santé® dans “Aujourd’hui en France” le Parisien

ls réinventent la complémentaire santé

ACCÈS AUX SOINS. Faute d’avoir une bonne couverture santé,
des particuliers se regroupent pour souscrire leur propre assurance.

ÇA SENT LA RÉBELLION. Depuis quelques mois, on voit apparaître ici ou là en France des initiatives originales. Des particuliers, des associations, des communes, des start-up… prennent à bras-le-corps le problème du renoncement aux soins et mettent en place de nouveaux produits d’assurance. Avec toujours le même objectif : améliorer le remboursement des dépenses de santé, pour le même prix voire moins cher que les organismes installés sur ce marché. Ces initiatives louables raisonnent comme autant de signaux d’alerte lancés aux autorités mais également aux assureurs privés, mutuelles et institutions de prévoyance, qui ont laissé sur le bas-côté de la route les plus démunis : 3 millions de Français incapables de s’offrir l’assurance qui prendra en charge la partie des dépenses non remboursée par l’Assurance maladie. Sans compter les 35% de Français qui, selon un classement réalisé en 2010 par la Direction des études du ministère de la Santé (Drees), cotisent en fait pour un contrat de piètre rentabilité. Dans un contexte économique, ces assurés viennent gonfler les rangs de ceux qui renoncent à se soigner. Ces organismes seraient-ils plus occupés à sauver leur peau qu’à faire preuve d’innovation ? Depuis 1990, une guerre sansmerci a engendré un fort mouvement de concentration dans le secteur. Sur 1 702 organismes d’assurance santé recensés en 2001, il n’en restait plus que 634 à la fin 2012. Premières victimes, de 1 528 les mutuelles sont passées à 512. Cette concurrence exacerbée a favorisé la fin de la solidarité intergénérationnelle.
Pour améliorer leur rentabilité, des assureurs et des mutuelles ont mis sur lemarché ces dernières années des offres dites cloisonnées : chaque génération paye désormais en fonction de ce qu’elle coûte. Il n’en fallait pas plus pour faire exploser les cotisations des plus âgés. « Fini la solidarité d’aprèsguerre! » peste ainsi Véronique Debué, adjointe au maire de Caumont-sur-Durance (Vaucluse), qui vient de créer la première assurance de village.
Depuis 2010, les gouvernements successifs n’ont pas manqué d’ajouter leur grain de sable, imposant jusqu’à 14% de taxes à la majorité des contrats santé. Logiquement, les prix ont flambé : + 7 % en moyenne en 2012 et 2013, + 2,5% en 2014… Certes, en 2016, chaque salarié sera censé bénéficier d’une couverture santé grâce au principe de complémentaire pour tous négocié entre l’Etat et le patronat. Mais, pour l’instant, les nouvelles initiatives qui fleurissent pour favoriser l’accès aux soins sont vues par les plus démunis comme la seule planche de salut.

DANIEL ROSENWEG

Des chèques santé pour les salariés

C’EST UNE NOUVEAUTÉ entrée en vigueur le 1er septembre : le chèque santé dans les entreprises.

C’est une jeune start-up de Montpellier, Care Labs, qui est à l’origine de cette idée visant à favoriser la prévention et le mieux-être en entreprise en faisant financer par cette dernière des soins non remboursés par la Sécu ou les complémentaires.
Dans les faits, ces chèques santé seront dématérialisés : on les trouvera sous forme de cartes à puce, ou installés sur le smartphone des bénéficiaires. Ces derniers n’auront qu’à présenter leur chèque virtuel (dans les treize mois suivant leur distribution) au professionnel de santé pour le rémunérer. A ce jour, 10 000 généralistes, dentistes, et ostéopathes se sont déjà engagés à accepter ce nouveau moyen de paiement. Chaque entreprise, association, municipalité qui adoptera ce système décidera du montant du crédit annuel alloué à chaque personne. Les complémentaires santé qui voudront en faire bénéficier certains adhérents (retraités, étudiants) peuvent aussi se lancer.

Pour quel montant ? Les sociétés expérimentant ce futur produit ont décidé d’accorder 150 € par an et par salarié en moyenne, dévoile Vincent Daffourd, président de Care Labs. Une somme financée par le comité d’entreprise ou directement par l’employeur — sauf exceptions, exonérée de charges sociales. Etudes à l’appui, Vincent Daffourd ne doute pas un instant du succès de son produit : « Aux Etats-Unis, pour 1 $ investi, entre 3 et 8 $ sont gagnés cinq ans plus tard. S’attaquer au stress, à la fatigue, aux troubles musculaires ou psychosociaux permet de réduire l’absentéisme ou les accidents au travail ». Et donc d’améliorer la productivité.

D.R.