DÉPRESSION : PARLONS-EN – Journée mondiale de la santé

DÉPRESSION : PARLONS-EN – Journée mondiale de la santé
DÉPRESSION : PARLONS-EN - JOURNÉE MONDIALE DE LA SANTÉ

Une maladie encore stigmatisée et mal reconnue

Bien présente dans les consciences mais encore trop souvent passée sous silence, la dépression pourrait être considérée comme le nouveau mal du siècle. Si tout le monde en a déjà entendu parler, cette affection peut sembler encore vague et difficile à définir pour le plus grand nombre. Pour l’OMS, le problème est simple : « la dépression est une maladie mentale courante se caractérisant par une tristesse persistante et un manque d’intérêt pour les activités que l’on aime faire normalement, accompagnés d’une incapacité à mener les activités quotidiennes pendant 14 jours ou plus. ».

Si le sujet est sensible, c’est avant tout à cause de la stigmatisation dont peuvent-être victime les personnes souffrant de dépression qui ont souvent tendance à garder leur maladie sous silence, par peur d’être jugées, ce qui ne fait qu’empirer les choses. Le Dr Shekhar Saxena, Directeur à l’OMS du Département Santé mentale et abus de substances psychoactives, le souligne bien lorsqu’il explique que «pour celui ou celle ayant une dépression, le fait de parler à une personne de confiance est souvent le premier pas vers le traitement et la guérison».

Des risques concrets et non négligeables

Avec plus de 300 millions de malades dans le monde et une augmentation du nombre de cas de près de 20% sur les 10 dernières années, on comprend aisément que l’OMS puisse faire de la dépression son cheval de bataille et souhaite mettre en avant la lutte contre cette maladie lors de la journée mondiale de la santé qui aura lieu le 7 avril 2017. De plus, au-delà des symptômes les plus classiques que sont la tristesse ou la fatigue, la dépression engendre également une augmentation du risque de développer certaines maladies comme le diabète ou les cardiopathies. Elle est également un facteur de risque non négligeable du suicide, qui cause chaque année de nombreuses morts. En résumé, la dépression est la première cause de morbidité et d’incapacité dans le monde.

Agir est une nécessité

Au-delà de l’aspect humain évident, il faut noter que l’absence d’actions concrètes contre la dépression est extrêmement coûteuse. Le manque de reconnaissance de cette maladie couplée au manque de prévention et de prise en charge des malades conduit à une perte économique à l’échelle mondiale qui se chiffre à plus de 900 milliards d’euros par an. Cette perte se répercute à tous les niveaux : sur les gouvernements qui doivent dépenser toujours plus d’argent dans la santé et la protection sociale, sur les entreprises qui subissent des pertes lorsque leurs employés sont dans l’incapacité de travailler et sur les familles qui souffrent d’une baisse de leur pouvoir d’achat lié à l’incapacité d’un ou des deux parents à ramener un salaire décent.

Et lorsque l’on sait que chaque euro investi dans la lutte contre la dépression en rapporte 4 en termes d’amélioration de la santé et de capacité au travail, on se dit qu’il serait vraiment temps de changer notre approche de la gestion de cette maladie, afin de déculpabiliser les malades et de favoriser l’accès pour tous à une thérapie par la parole ou à un traitement antidépresseur (voir les deux dans certains cas).

Chiffres clés :

– 300 millions de personnes dans le monde vivent avec ce problème
 Augmentation de plus de 18% de 2005 à 2015 du nombre de dépressifs
– Près de 50% des personnes ayant une dépression ne sont pas traitées
– En moyenne, seulement 3% des budgets publics pour la santé sont investis dans la santé mentale
– Chaque euro investi pour l’extension des traitements de la dépression et de l’anxiété en rapporte 4 en termes d’amélioration de la santé et de capacité au travail.
– L’absence d’action efficace contre la dépression aboutit à une perte économique mondiale se chiffrant à plus de 900 milliards de d’euros par an (pesant sur les familles, les employeurs et les gouvernements).

Source : OMS